Un peu de pluie, un vieu puit.
Cette saveur fraiche et humide de l'automne mélée à l'odeur du tabac froid et à la nostalgie de se promener dans mon quartier. C'est monotone de connaître un endroit par coeur. C'est étonnant de le redécouvrir à chaque fois.
Aimer se rappeller du quartier qui nous a vu grandir, est-ce ça, se sentir vieux ? Je me
retrouve parmi mes souvenirs que je laisse au coin de chaque rue. Une bière bue en cachette, une connerie de gamin, ou bien ma première cigarette. Il fait froid, j'essaye de t'appeller mais tu ne
réponds pas, peut-être fatiguée du tonus de hier soir... Tant pis, je continue ma traversée nocturne et mes chaussures continuent de prendre l'eau.
Je reviens ici, retrouver celle s'en qui je ne serais pas là, lui parler ..un peu. Celle qui est parfois mon exemple de courage mais que j'aime autant que je déteste, comme chaque enfant. Alors comme un jeune homme dépaysé je prends quelques photos de ce lieu, de mon lieu. Une photo c'est mort, ça n'exprime certainement rien pour les autres. Quand on en prend une, on a le sous-titrage avec nous. C'est dailleurs pour ça qu'on la prend, car chaque histoire est éphémère et que l'on voudrait ressentir l'instant présent plus longtemps.
Je pense à toi, je voudrais te croiser parmi les graffitis...
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